Alors que je lui réservais un destin de porte-greffe curieux, le Tamarillo est un fruit qui m’a conquis dès la première dégustation, une saveur toute à lui, parfumée, exotique qui rappelle un peu le fruit de la passion mais en moins acide et plus sucré, une belle abondance de fruits récoltés dès la première année et une culture très facile si on zappe les semis parfois capricieux.

La venue du tamarillo à l’Oasis

J’avais repéré lors d’un troc de graines, un couple d’allemands avec un stand de semences à vendre impressionnant, tout répertorié avec les noms latins, l’année de récolte, du sérieux quoi. Je leur ai donc acheté quelques sachets parmi lesquels un sachet de semences de « Tamarillo », le fameux arbre à tomates de la famille des solanacées ; La famille botanique avait dans le cas présent un intérêt tout particulier pour moi. En effet, je recherchais justement cet arbre à tomates pour faire des essais de bouturage en vert et créer un « arbre à ratatouille », une idée originale que j’avais lue dans le livre de Maurice Chaudière sur la forêt fruitière. L’idée, c’est de bouturer en vert une plante, en l’occurrence ici le Tamarillo, de la famille des solanacées, pour y greffer des plantes de la même famille botanique : des aubergines, des tomates, des poivrons ! Du coup, on profite de la vigueur et du caractère vivace de l’arbuste et c’est juste très amusant à tester.

De retour à l’Oasis, je sème ces petites chéries dans une barquette de polystyrène, j’étiquette, je mets la date, j’arrose, les semaines passent, j’arrose toujours, rien ne sort et rien ne sortira. Aucune des semences n’ont germé ! Quelques mois plus tard, je revois Christina et Robert, ils me redonnent un paquet de semences, même essai, toujours rien. Visiblement la capacité germinative de ces graines semble délicate.

Quelques semaines plus tard, alors que je visite le jardin de mon amie Catherine de Palmela, jolie ville qui surplombe l’estuaire du rio Sado, elle me montre 3 plants d’une plante qu’elle ne connaît pas. Catherine m’explique que son mari travaille en Angola et rapporte des graines, la plupart du temps, elle ne sait pas trop de quoi et là, en l’occurrence elle ne sait pas quelle est cette plante aux grandes feuilles à odeur forte de cacahuète.

  • « Mais c’est un tamarillo ! c’est un arbre à tomates ! »
  • « Tu en veux un ? »
  • « Mais oui, avec plaisir ! Depuis le temps que j’essaie d’en semer, c’est merveilleux ! »

Me voilà donc repartie vers l’Oasis avec un bébé arbuste dans la voiture. Cela fait maintenant 3 années que cet arbre à tomates est repiqué dans le jardinet sud de l’Oasis. Il est magnifique et a depuis fait une belle progéniture.

 

Le tamarillo, un fruit délicieux

Comme je l’expliquais en introduction, j’avais donc des plans assez particuliers pour notre nouvel arrivant. Mais avant tout, la première phase, c’est préserver et sauvegarder la variété. Je repique donc l’arbre à tomates avec l’intention de récolter et ressemer les graines des premiers fruits. L’arbre prend vite une jolie hauteur dès la première année et les fruits ne se font pas attendre. Repiqué au printemps, les premiers fruits sont à maturité au mois de janvier suivant et commencent à tomber par terre. Je goûte et quelle n’est pas ma surprise, c’est absolument délicieux. Finalement, je vais garder cet arbuste pour ces fruits et j’abandonne mes idées de greffage, c’est trop bon ! Cette première année, curieusement Jorge ne va pas se jeter dessus et je consommerai ravie ces nouveaux fruits lors de chaque journée passée au jardin.

La seconde année de production, Jorge finalement teste et aime beaucoup. Nous avons maintenant 3 arbustes qui donnent, et nous consommons tous les fruits à nous deux sans problème !

A noter que ce qui se mange, c’est l’intérieur, la partie avec toutes les semences et on peut manger un peu de la chair orangée aussi mais elle a un petit goût amer. Attention toutefois, la chair comporte des parties dures, en général entre 2 et 4 sur la tranche médiane et parfois une au fond. Ces parties sont très petites et très dures, un peu comme une épine de poisson.

Petites précisions botaniques sur le Tamarillo

Il n’est pas sans moindre importance de préciser que le Tamarillo faisant partie de la famille botanique des solanacées, comme ses cousins et cousines les aubergines, les poivrons, les tomates, les pommes de terre, les feuilles de ces solanacées sont toxiques et leurs fruits verts aussi !

Pour les plus curieux, son nom latin est Solanum betaceum. On peut aussi trouver Cyphomandra betacea ou Cyphomandra crassicaulis.

C’est une plante originaire d’Amérique du Sud et plus spécifiquement des Andes du Pérou, Equateur, Chili, Colombie et Bolivie. Il est maintenant cultivé en Nouvelle-Zélande, au Portugal, en Afrique du Sud, au Sri Lanka, en Inde et en Californie.

Il existe différentes variétés et selon les variétés, les fruits pourront être de couleur jaune, orange, rouge ou violet.

Vous avez envie de voir à quoi il ressemble ? Je vous invite à visionner les vidéos suivantes :

 

tamarillo premiers fruits

Propriétés du Tamarillo

C’est un fruit très nutritif, riche en potassium, cuivre, manganèse, fibres, en vitamines A, B1 (ou thiamine), B6, C et E. Il est riche en antioxydants et de faible apport calorique.

Semis et bouturage du Tamarillo

Après avoir récupéré les graines de la première récolte de fruits, j’en ai semé de suite dans des barquettes et je les ai placées bien à l’abri dans la serre. Après les premières expérimentations infructueuses de semis, je prêtais une attention toute particulière aux semis de Tamarillo, nous pourrions même parler d’obstination puisque 2 mois après ces nouveaux semis, 2 mois à les couver du regard et à les arroser, aucune pousse ne montrait le bout de son nez ! Sachant que cet arbuste dure environ 7 années, que j’adore ses fruits, je tenais vraiment à assurer la pérennité de la variété. Je me suis donc résolue à tenter le bouturage. Ni une, ni deux, me voilà dans le jardin au pied de l’arbre à tomates en train de choisir quel bout de branche m’inspire et surtout quel bout je vais sacrifier et qui ne portera pas de fruits l’année prochaine. Soupir. Me voilà repartie avec mes 4 bouts de tige et c’est parti pour une petite dizaine de boutures. Je suis contente de moi, en général, mes boutures prennent bien.

Exactement 2 jours après, alors je vais comme à l’accoutumée dans la serre, surprise ! Je n’en crois pas mes yeux, presque tous les semis sortent ! Je me dis que vraiment ce tamarillo est un farceur, attendre que je fasse mes boutures pour enfin pointer le bout de son nez, franchement ! Plus prosaïquement, peut-être que la germination est liée à la température, un peu comme les aubergines et demande une température de l’ordre de 15-20°C.

 

Culture

L’arbre à tomates est une plante pérenne qui croit rapidement et peut atteindre 3 à 5 mètres de hauteur. Ses conditions de cultures sont les suivantes :

  • Exposition : mi-ombre ou plein soleil
  • Sol : fertile, bien drainé, léger, riche en matières organiques. Les sols légèrement acides lui conviennent bien.
  • Conditions climatiques : adapté aux zones méditerranéennes et subtropicales, l’arbre à tomates n’aime pas le vent, il peut casser facilement, lui choisir une exposition abritée. Il ne supporte pas les gelées et meurt à -3°C.
  • Irrigation : bien irrigué. C’est une plante sensible au stress hydrique. Dans les climats secs, il est conseillé de l’installer à mi-ombre et dans tous les cas de l’irriguer. Attention toutefois, il ne supporte pas d’avoir les pieds dans l’eau, les sols engorgés.
  • Récolte : Le fruit est à maturité pendant la période hivernale entre Novembre et mars (vers janvier à l’Oasis) et il devient alors légèrement plus mou. Un arbre à tomates peut donner jusqu’à 15-20 kgs de fruits. Je n’ai pas pesé l’ensemble des fruits sur un arbre ni fait le calcul mais c’est vrai qu’il donne en abondance pendant 2 à 3 mois. L’arbre à tomates atteint son pic de production au bout de 4 années. Il est conseillé de faire une taille pour éliminer les rameaux qui ont déjà fructifié et stimuler la production de nouveaux rameaux à fruits
  • Durée de vie : de 8 à 12 années. Il est donc pertinent de toujours en ressemer et replanter régulièrement. Après 3 années de culture, nous en avons 3 en production et 3 qui vont donner en plus l’année prochaine et j’ai déjà distribué une dizaine de plants d’arbustes qui vont faire des heureux.

 

Voilà, J’espère que cet article vous a plu. Si vous avez un bout de jardin en zone méditerranéenne, je vous invite à essayer cet arbuste. Vous pouvez récupérer des graines dans un fruit que vous achetez au rayon exotique.

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